[underwater] La vie aquatique sous l’eau

[underwater] La vie aquatique sous l’eau

Une discussion entamée ce week end au bord d’un lac urbain m’a rappelé à quel point j’étais chanceux. Je ne crois pas à la providence, un peu plus au destin, mais là je dois bien dire, c’est une chance.

Le rêve de tout pêcheur, outre passer des moments magiques au bord de l’eau agrémentés ou non d’un poisson exceptionnel par sa beauté ou par sa taille, est bien de voir ce qu’il se passe sous l’eau. Non pas seulement pour voir la réaction des poissons face à ses esches, mais bien pour analyser, décortiquer, tenter de comprendre ce qu’il se passe sous cette barrière de visibilité qu’est la surface d’un lac ou d’une rivière.

Aujourd’hui toute notre pêche, ou presque, n’est que théories, idées, imagination… Nous pensons que, nous testons, nous confirmons, nous infirmons, nous nous contredisons. Ou bien c’est le poisson qui vient nous contredire plus ou moins rapidement. Si l’on ajoute à cela la lune, le vent, les nuages, le soleil…

J’ai rencontré bien peu de monde qui peut être formel sur tel ou tel comportement et sur la réussite d’une sortie en termes de prise de poissons.

D’ailleurs, n’est-ce pas là l’essence même de la pêche ? Cette part d’imprévisible, de mystère, de doute ?

Or la nature humaine n’aime pas le doute, nous cherchons par tous les moyens à éliminer la probabilité pour créer la certitude. Si prendre un poisson n’est pas forcément le but d’une session, force est de reconnaitre qu’il sonne comme l’aboutissement d’une quête.

Voir sous l’eau, quel meilleur moyen pour créer la certitude et faire aboutir sa recherche ?

Ma chance dans tout ça, me demanderez-vous donc ? Voir sous l’eau ! Et non, je ne suis pas doté de pouvoirs surnaturels ; )

vision-sous-eau-subaquatique
Que se passe-t-il sous l'eau?

 

Voir sous l’eau ?

Avant de vous avouer « comment je vois sous l’eau », il me parait opportun de disserter un peu sur cette expression, « voir sous l’eau ».

En effet, je vous imagine déjà me voyant débarquer au bord de l’eau avec force caméras subaquatiques et les poser ci et là, au gré de mes spots de pêche.

C’est en effet une possibilité. La plus technologique des solutions pour observer les fonds d’un lac ou d’une rivière. Elle est très en vogue actuellement auprès des pêcheurs de carpe. Mais est-ce la seule ? N’est-elle pas trop réductrice avec un champ de vision étroit, qui ne permet pas de voir / comprendre ce qu’il se passe derrière l’objectif par exemple ?

Il y a bien des manières de voir sous l’eau, différente de cette première solution.

La première, qui n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler voir sous l’eau, est ce que je nomme le « sens de l’eau ». Une sorte de sixième sens qui s’acquiert avec l’expérience. C’est sans doute la moins fiable de toutes les solutions, car basée sur des hypothèses qu’il faudra confirmer ensuite. Cependant, à force de pratiquer, on finit par obtenir de bons résultats.

Ici interviennent les lectures des courants / remous, permettant de se faire une idée sur les fonds, leurs variations, les éventuels obstacles. Aussi la lecture des berges, ou encore des vents qui vont permettre d’imaginer un parcours des poissons, les potentiels zones de passage, d’alimentation, les tenues ! Les études scientifiques sur le sujet définissent qu’entre 70 et 90% de la vie aquatique d’un lac ou d’une rivière se situent dans les 5 ou 10 premiers mètres de sa berge. Apprendre à lire ces signes vous rapportera à coup sûr des moments magiques !

Pendant très longtemps, mes pêches se sont réduites à ces lectures, un apprentissage fastidieux, mais tellement formateur, qui m’a rapporté de très nombreux poissons. Une première forme de vision subaquatique, imaginer la vie des poissons en fonction des signes extérieurs de l’eau.

Résumée sous l’appellation « observation » en début de session, cette solution est souvent négligée à tort, remplacée peu à peu par la technologie des échosondeurs ou des caméras. Or, jamais technologie ne remplacera l’expérience d’un pêcheur et l’observation en direct d’un environnement complexe.

 

La seconde solution d’observation subaquatique, et c’est là qu’il faut un peu de chance, est d’avoir à sa disposition une rivière, ou un lac, aux eaux peu profondes, et très claires.

Je concède, il n’est pas donné à tout le monde d’avoir un tel bien à sa disposition, et ma chance, elle est bien là !

Il faut ensuite de la patience, beaucoup de patience, trouver les bons spots d’observation, chercher, observer, admirer, tout est alors là, sous nos yeux. Une vision à 360° de la vie sous l’eau. Tous les poissons, brochets, perches, chevesnes, ablettes, gardons, black bass… Et bien sûr nos cyprins favoris, carpes, miroirs et communes…

Depuis que j’ai pu gouter à cette possibilité d’observation, j’en suis devenu accroc. Et je vais y revenir très longuement sur ce blog…

 

La troisième solution, qui a déjà été évoquée, c’est l’option technologique. Mais comme expliqué, je la trouve trop étriquée, dénaturante, en cachant une partie des explications.

Elle est sans doute la plus adaptée pour étudier le comportement d’un montage et son efficacité, ou non, preuve en est les multiples vidéos aujourd’hui disponibles. Mais ce n’est pas ce sujet que je souhaite traiter dans cette série d’articles, aussi je passerai rapidement sur cette solution.

capture-ecran-camera-subaquatique
Capture d'écran d'une caméra subaquatique... Et derrière?

 
Un intérêt certain...

Vous l’aurez compris, à travers ces articles j’ai la volonté de partager avec vous mes observations directes des poissons dans leur élément.

Depuis plusieurs années maintenant je peux étudier la vie aquatique de près à travers plusieurs spots et j’ai énormément appris sur les comportements des poissons.

L’intérêt de cette solution « 100% nature » étant d’avoir une vision large, sans barrière, sans artifice, l’observation à l’état sauvage.

Mais passé ce premier aspect, j’y ai également tout de suite vu la possibilité d’observer la réaction des poissons face à un amorçage, à des appâts, à des pêcheurs, mais aussi aux éléments naturels, pluie, orage, neige, grêle, les effets de la lune, de la météo en général, ou encore le passage des bateaux.

Quel effet lors de l’arrivée sur un poste ? Sommes-nous suffisamment discrets ? Comment l’être ? Les lancers ? Le spodage ? Les bateaux amorceurs ? les amorçages légers ? Massifs ? Graines ou bouillettes ? Etc.

Tellement de possibilités d’expérimentations pour tenter de comprendre ce qui ne restait jusque-là un mystère…

Oui, évidemment, j’ai tout de suite trouvé un intérêt certain dans ces possibilités d’observations et je ne suis pas sûr à ce jour d’avoir le tour de toutes les possibilités.

carpe-vision-subaquatique
Ce que j'ai pu voir....

 
Des limites tout aussi certaines...

Ne vous attendez cependant pas à ce que je vous donne les clés de la réussite systématique. Tout simplement parce que je ne les ai pas trouvées !

Les récits qui seront partagés ici vous plongeront dans le monde subaquatique, un monde magique et mystérieux mais qui, même observé, garde cette part de mystère.

Voir est une chose, comprendre en est une autre. Et si certaines constatations coulent de source, il est certains comportements que je ne sais toujours pas m’expliquer.

J’ai en tête la danse envoutante d’un banc de 1000, peut-être 2000 gardons, tantôt remontant le courant pour finalement se laisser couler et recommencer en boucle une après-midi durant.

Ou bien cette carpe, massive, solitaire, venant trouver repos dans un herbier en faisant fuir ses congénères plusieurs jours sans daigner bouger. Ni s’alimenter d’ailleurs…

Outre ces incompréhensions, les spots visés possèdent (trop) souvent les mêmes caractéristiques : faibles profondeurs, plateaux, herbiers, fonds sableux, quelques rochers… Pas de fosses, pas de vase, pas de déserts. Je tance les caméras et leur faible angle de vision, mais au final, la vision que j’ai de la rivière est elle aussi limitée. Bien que je la trouve tout de même meilleure.

Enfin, ce dernier point me fait rebondir sur le fait qu’il n’est pas possible de tirer des conclusions définitives de mes différentes observations. Mes spots ne sont en effet pas représentatifs de tous les spots de France, et qui plus est, vous le verrez bien vite à travers les récits, tout change toujours très vite dans une rivière…

miroir-eau-surface
Surface impénétrable...

 

[à suivre…]